Politique

Après ses échecs électoraux : Constant Mutamba s’en veut à Corneille Nangaa

Après ses échecs aux législatives provinciales et nationales dans la circonscription de Lubao et au Sénatoriales dans la jeune province de Lomami, le président de la Nouvelle Génération pour l’Emergence du Congo (NOGEC), Constant Mutamba s’en veut à Corneille Nangaa et toute son équipe. Il a demandé, lundi 25 mars, au procureur général près la Cour de cassation d'ouvrir une information judiciaire à l’encontre du président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), son vice-président et l'un de ses conseillers sanctionnés par le trésor américain pour "corruption  persistante" liée au processus électoral en  République démocratique du Congo (RDC).

Dans une correspondance adressée au PGR, le président de ce regroupement politique, membre du Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme dont Joseph Kabila est l'autorité morale, demande au procureur de "se saisir de la question et à mener des enquêtes en profondeur en vue de faire éclater la vérité afin que les coupables soient exemplairement sanctionnés". Est-ce une fuite en avance ? Car lui-même est cité dans les faits de corruption. 

Revenons aux faits tels qu’ils se sont déroulés, le jeudi 21 mars à l’audition de quelques députés provinciaux au Parquet Général près de la cour d’appel de Kabinda. Notre correspondant permanent à Lomami indiquait que les premières comparutions révélaient que le leader de la NOGEC avait remis par personnes interposées de l’argent à quelques députés provinciaux, 5000 USD à chacun en échange de leurs  voix à l’élection sénatoriale. Seulement, deux députés lui ont remis cet argent, l’un avant le vote et l’autre après le vote, répondant ainsi à la voix de leur conscience qui leur a dicté de ne pas consommer de la corruption.  En effet, le juriste Mutamba comme pour se venger, avait mobilisé une dizaine de jeunes gens qui étaient descendus dans la rue scandant des invectives contre les députés qui ont refusé de consommer sa corruption.  Mécontent de la situation, l’homme de la NOGEC  aurait saisi le parquet général près la cour d’appel de Lomami pour porter plainte contre les députés qui lui ont remis son argent corrupteur en demandant au magistrat de qualifier les faits autrement , en parlant peut être d’escroquerie, pour inquiéter ces élus de Lomami.  

Aujourd’hui qu’il n’a pas toujours jusque-là, obtenu gain de cause. Constant Mutamba change de cible. Ce ne sont plus les députés provinciaux de la Lomami, le diable s’appelle « Nangaa » maintenant.

Connu pour avoir multiplié des insultes acerbes au président de la République Félix Tshisekedi, alors candidat de CASH, lors de la campagne électorale, à qui, il s’est mis par la suite à présenter des excuses avec des mobiles systématiquement inavoués. Constant Mutamba n’est pas encore à sa dernière stratégie. 

L’histoire de la RDC a retenu qu’en 2019 une passation pacifique à la magistrature suprême s’est faite sous la houlette de Corneille Nangaa à la tête de la centrale électorale. Pendant que certaines sensibilités l’accusaient à tort d’être de mèche avec le candidat du FCC, Emmanuel Ramazani Shadary, le président de la CENI avait étonné presque tout le monde, lorsque le 10 janvier 2019 à 03h 14, il proclama l’opposant Félix Tshisekedi président élu des élections du 30 janvier 2018. Situation qui a sauvé et épargner le pays d’un probable chaos. 

Toujours marqué par son humilité et son sourire légendaire, Corneille Nangaa ne s’est jamais lancé dans un bras de fer avec ses détracteurs. Le numéro un de la centrale électorale focalise son attention dans l’essentiel de son travail. On se souvient de ses propos tenus en 2016, au micro de la Radio France Internationale répondant aux questions en rapport avec les contestations de l’opposition congolaise sur la qualité du fichier électoral et la machine à voter. : « Ma mission ce n’est pas d’être populaire. Ma mission ce n’est pas de créer la confiance. Mais ma mission c’est d’aller aux élections ». Chose promise, chose faite.

Pour rappel Corneille Nangaa est à la tête de la CENI depuis le 16 novembre 2015, en achèvement du mandat de six ans, de son prédécesseur qui avait démissionné de son poste, en 2013. 

Le mandat de l'actuel bureau de la CENI, sous le leadership de Nangaa, prendra fin cette année, en juin prochain. Il n'est pas renouvelable. 

Tout afficher

Laisser votre commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

Articles Relatifs