Politique

Phénomène Bahati: Lutumba Wa Lutumba dans l'air du temps

Il s'observe dans le microcosme politique congolais une véritable ruée vers les strapontins. Les têtes couronnées des partis et regroupements politiques s'y jetent à pieds joints afin de mettre toutes les chances de leur côté pour une traversée en douce d'une législature qui s'annonce comme celle de toutes les incertitudes en raison de la surprenante alternance pacifique survenue au sommet de l'État.

Si pour mieux se positionner certains utilisent des outils conventionnels de la loyauté et de la discipline,  il y en a beaucoup qui misent sur le rapport de force, la ruse, le chantage, voire la trahison pour obtenir en cavaliers solitaires les postes convoités. L'exemple le plus emblématique est à ce jour celui du Sénateur Modeste BAHATI Lukwebo qui vient de tout perdre après avoir tenté jusqu'au bout l'aventure de Judas Iscariote. Embouchant un temps astucieusement le refrain de la loyauté à l'Autorité Morale du FCC dont le pouvoir discrétionnaire s'imposait par principe en dernier ressort, Modeste BAHATI a fini par défier Joseph Kabila en captant à son profit tout le capital d'animosité contre le Président de la République sortant dans la  course effrénée au dauphinat constitutionnel du Chef de l'État qu'est la présidence du Sénat. Nous savons tous comment cela s'est terminé. Pour avoir tout misé, Bahati Lukwebo a tout perdu. Finalement avec l'accord de coalition conclu dans la nuit du 29 juillet 2019 entre le FCC et CACH, il faut s'attendre à une longue traversée de la Bérezina par Bahati et les siens pendant au moins 5 ans. 

À l'Alliance Chrétienne pour la Démocratie et le Développement  (ACDD), parti dont l'ancien homme fort du Kasaï-Oriental Alphonse Ngoy Kasanji est l'Autorité Morale,  un autre syndrome Bahati couvait. "C'est grâce à l'amitié que lui vouent certains sociétaires de la conférence des présidents du FCC que Ngoy Kasanji a flairé le coup, nous confie un fin limier, sinon il n'aurait eu que ses yeux pour pleurer après la publication du gouvernement Ilunkamba ".

En effet le Secrétaire Général de l'ACDD représentait ce parti au sein du regroupement ACDD où Ngoy Kasanji pèse un peu plus de 11 élus, députés provinciaux, députés nationaux et sénateurs confondus. Une position confortable qui devrait apporter à l'ACDD un maroquin au sein de la future équipe gouvernementale. 

Il se trouve que le Secrétaire Général du parti d'Alphonse Ngoy Kasanji est un candidat malheureux aux dernières élections législatives et provinciales. Pourtant le Professeur LUTUMBA wa LUTUMBA avait en son temps effectué des coups drastiques sur l'argent destiné au paiement de la caution des candidats du parti aux élections législatives et provinciales ainsi que sur leur viatique de campagne électorale. Ngoy Kasanji avait en son temps préféré mettre  sous le boisseau ces graves accusations dans l'espoir que son Secrétaire Général pourrait peut-être se servir de l'argent détourné pour au minimum se faire élire lui-même. Quoiqu'il en soit, il s'agissait clairement d'un précédent fâcheux à travers lequel LUTUMBA wa LUTUMBA s'était mis à dos la majorité des cadres du parti. 

Longanime, Ngoy Kasanji va tout de même renouveler à son homme de confiance le destin de son parti en lui confiant la direction des opérations aux négociations des postes au sein du regroupement politique AAAC, et par ricochet au sein du FCC. Une occasion inespérée pour l'incorrigible Secrétaire Général de l'ACDD de se servir sans tenir compte de l'intérêt général du parti et des orientations y relatives de la haute hiérarchie. 

Grâce à son entregent au sein de la nébuleuse FCC,  Alphonse Ngoy Kasanji a fini par avoir tous les détails des activités sous-terrainnes de son homme de confiance qu'il ne tardera pas à placer dos au mur. C'est donc en désespoir de cause que le professeur LUTUMBA wa LUTUMBA démasqué s'est épanché dans la presse au sujet du limogeage de l'Autorité suprême de son parti. Un putsch de mauvais goût qui ne peut impressionner personne au FCC en ces moments où tout le monde est encore sous le choc de la folie de BAHATI Lukwebo. 

C'en est donc fini des aventures du professeur LUTUMBA wa LUTUMBA au sein de  l'ACDD parce qu'en fin de compte c'est lui qui vient de se faire définitivement exclure du parti de la manière la plus solennelle possible. Et quand on sait qu'une formation politique est davantage plus forte lorsqu'elle est expurgée de ses traites, l'on ne peut que se réjouir de ce que l'ACDD puisse avoir des beaux jours devant elle après avoir échappé de justesse à un crash fatal. 

JBD

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